Principes de développement urbain
Voici ci-dessous une série de pratiques de développement urbain qui ont pour but, dans la zone urbaine concernée, de promouvoir :
les constructions économiques, et économes au niveau énergétique
les transports en commun efficaces et attractifs
la préservation des zones de nature urbaine
le développement d’un sentiment de communauté
Politique de choix d’occupation des sols :
Dans la politique de choix d’occupation des sols, celle de l’accessibilité est clé ; il est essentiel de tout mettre en œuvre pour assurer des déplacements rapides et économiques des employés jusqu’à leur lieu de travail, et des écoliers ou étudiants jusqu’à leur lieu d’étude ; moins de temps perdu dans les transports, moins de dépendance à la voiture et par conséquent diminution de la pollution de l’air et de l’utilisation de carburant.
Les principes suivants sont donc à considérer :
Cibler un kilométrage moyen des voyages en voiture en deçà de la moyenne régionale
Promouvoir l’équilibre emploi-logement
Mélanger les utilisations de terrains selon une granularité aussi fine que le permet le marché, en disséminant notamment de façon homogène des services publiques dans ces zones. Une granularité fine correspond par exemple à des immeubles d’appartements accolés à des maisons de ville, à des magasins et à des logements spécialisés.
Développer en unité de quartier et maintenir leur taille relativement petite. Le développement urbain en "grappe" entraîne une séparation naturelle de l’utilisation des sols. La taille des lots étant plus petite, elle laisse plus de place à des espaces publics ouverts : plus d’espaces verts naturels, et d’espaces disponibles pour l’infiltration des eaux de ruissellement. Dans les petits ensembles, les gens se sentent également plus en sécurité, car il leur est plus facile d’identifier ceux de l’extérieur.
Densifier les logements près des commerces, des parcs et des lignes de transports publics. L’accessibilité des personnes à mobilité réduite, des seniors, des jeunes familles, de toutes personnes ayant besoin d’alternatives de transport à la voiture, est un critère primordial dans les choix d’urbanisme. La densification des logements "spécialisés" doit donc se faire à moins de 500 m des commerces, des services municipaux, médicaux, et des lignes de transport. Ces principes rendent ces logements plus abordables puisqu’ils réduisent le besoin d’une ou d’au moins deux voitures.
Introduire commerces de proximité et opportunités de loisirs dans les projets de construction de logements
Faire des sous-divisions de quartiers avec des frontières et des centres bien établis
Réserver au plus tôt les sites pour les futures écoles
Politique des transports :
Le but de la politique des transports est de diminuer le transport individuel en voiture, notamment en promouvant les modes alternatifs. Dans un deuxième lieu, il est crucial de disperser et ralentir la circulation routière, car la circulation rapide divise le sentiment d’unité d’une communauté.
Les principes suivants sont donc à considérer :
Introduire le plus d’intersections possibles dans le réseau de rues. Les villes les plus piétonnières d’Europe sont les villes ayant un réseau dense de rues du type ’toile d’araignée’.
Garder la limite de vitesse des voitures à 40km/h, en employant le plus possible des mesures d’apaisement de la circulation. La "vivabilité" des rues augmente à mesure que le volume et la vitesse diminue. Les habitants auront plus tendance à marcher, jouer, ou utiliser leur vélo, le long des rues à circulation lente. Le "domptage" des voitures est également essentiel dans les quartiers commerciaux, pour attirer les piétons.
Maintenir les rues aussi étroites que possible
Rendre le réseau piéton et cycliste aussi efficace que le réseau voiture. Les réseaux de chemins à l’intérieur des quartiers, s’ils sont bien conçus, ont un meilleur impact sur la cohésion d’une communauté que le sont seulement les trottoirs. Favoriser également tous les raccourcis piétons, tels que les passages par les culs de sac, ligne en diagonale protégée sur les parkings, etc.
Politique de l’environnement :
Une politique de l’environnement efficace entend préserver des écosystèmes entiers, et imiter, autant que faire se peut, la nature. En aménageant avec la nature, les buts sont de protéger les habitats sauvages, maîtriser les effets des eaux de ruissellement, conserver l’eau et protéger les aquifères.
Si possible intégrer tous les principes suivants :
Priorité les friches industrielles pour la construction de bâtiment.
Préserver les zones d’habitat naturel aussi larges et circulaires que possible, "empennées" sur les bords, c’est-à-dire avec des contours "mous", des haies en dégradé et ondulées, plutôt que droites et dures et connectées par des couloirs sauvages. Les espaces verts urbains peuvent être raccordés à de plus grands habitats, par exemple à des zones péri-urbaines. Plus l’espace est grand, plus le nombre d’espèces capables de la coloniser sera importante. La plupart des espèces animales ont besoin d’un habitat ayant une certaine taille critique ; à partir de 6 hectares, un espace relativement peu perturbé pourra abriter des oiseaux, petits mammifères, reptiles et amphibiens.
Protéger les zones humides, garder des zones tampons autour des marais et étangs
Restaurer et améliorer les fonctions écologiques des sites animés si ceux-ci ne sont pas destinés à la construction
Minimiser les eaux de ruissellement en concentrant les constructions sur les sols les moins poreux
Récupérer l’eau de pluie, afin de l’utiliser pour les arrosages des espaces municipaux. Suivre les principes écologiques de défense des indésirables. La pelouse doit être utilisée seulement dans un but spécifique, tel que le control de l’érosion ou l’élément essentiel d’un loisir, plutôt que comme un élément de remplissage dans l’espace paysager.
Politique du logement :
La politique du logement a essentiellement deux buts fondateurs : introduire de la mixité, et diminuer le coût de l’habitat.
Les principes amenant à ces buts sont les suivants :
Offrir des logements qui s’adaptent à toutes les périodes de la vie
Choisir des pratiques de développement et de construction économiques ; offrir des logements à loyers modérés
Orienter les bâtiments pour optimiser les apports solaires passifs
Introduire autant de mixité que le marché local peut supporter. Mixité au sein même des bâtiments en terme de logements pour les seniors, les grandes et petites familles. Ce type de logement s’adapte à toutes les périodes de la vie. Ils créent une offre variée, intéressante commercialement de part le faible pourcentage de logements vacants.
Atteindre une densité résidentielle moyenne à forte (densité bâtie supérieure à 1). La densité urbaine signifie moins d’infrastructure, surface de sols et de murs réduite, minimum de préparation du terrain à bâtir ; une diminution de tous les paramètres qui génère l’augmentation du foncier. Cependant, densité peut avoir une mauvaise connotation chez les gens qui l’associent avec "entassement" ; grande tour, barre etc.
La densité perçue est associée mais n’est pas toujours conforme à la densité réelle. La perception d’espace par exemple est meilleure lorsque les logements sont en "grappe", en petits paquets, lorsque les blocs sont de petites tailles (hauteur et largeur), et lorsqu’il y a des espaces verts naturels ou même sauvages. Un logement dense doit assurer une intimité familiale, du calme, un espace extérieur, de la lumière et une bonne aération. La monotonie des bâtiments peut être évitée en faisant du décalage en zigzag, en variant l’emplacement des garages. Les entrées peuvent être complètement séparées les unes des autres, les bâtiments avoir une identité avec des toits ou des couleurs différentes.
(article basé sur des "best practices" de développement urbain énoncées par l’Agence de l’environnement américaine. (http://www.epa.gov/livability))
First written in : février 2006 (modified: juin 2009)
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