Petit commerce et grande distribution
Le développement des grandes surfaces : la grande illusion
L’apparition des grandes surfaces a marqué la disparition progressive des commerces de proximité, et de centre des villes moyennes. Un petit commerce souffre de la concurrence des grandes surfaces en termes de prix, et reste très dépendant de l’offre commerciale complémentaire alentour.
Et pourtant : le commerce de proximité a une capacité à créer des emplois plus importante que la grande distribution : on trouve ainsi 3,5 à 4,3 fois plus de postes de travail dans le commerce traditionnel pour la même surface de vente.
La France est, en Europe, le pays où le commerce de proximité détient la plus faible part de marché des différents circuits de distribution : 6% seulement, contre 16,5 % au Royaume-Uni, 18,4 % en Allemagne et plus de 35% en Italie, en Espagne et aux Pays-Bas.
La Loi de modernisation de l’économie (LME) prévoit le relèvement de 300 m2 à 1000 m2 du seuil de déclenchement de la procédure d’autorisation de nouvelles grandes surfaces, ainsi qu’une division par deux des délais d’examen des demandes (à noter que le Sénat a modifié le 9 juillet 2008 l’article 27 du projet LME en donnant finalement la possibilité aux maires de saisir la CDEC pour les installations de 300 à 1 000 m²).
Cette proposition vise donc à favoriser l’implantation des moyennes surfaces, notamment les enseignes de hard discount de proximité qui devraient augmenter rapidement, ainsi que la catégorie dite des « magasins populaires » (du type citymarché pour lesquels Monoprix se trouve en situation de monopole).
Développement commercial durable
Limiter fortement le développement des grandes surfaces, c’est permettre la multiplication et la survie des commerces de proximité. Plusieurs lois ont déjà tenté d’aller dans ce sens. (voir la chronologie des principales lois régulant la grande distribution en France )
Les petits commerces sont des lieux d’échanges et de rencontre avec le commerçant lui-même mais aussi avec ses voisins. Leur activité et leur présence a un rôle essentiel à jouer dans les quartiers défavorisés en termes de lien social et de convivialité. En outre, le terme « proximité » permet de garder la liberté d’aller faire ses courses à pied et de ne pas dépendre d’un véhicule. C’est un aspect important pour les familles avec de jeunes enfants, les personnes âgées, les familles avec des revenus modestes
Il y a aujourd’hui une grande confusion entre pouvoir d’achat et emploi : au nom du pouvoir d’achat, on veut développer l’ouverture des magasins le dimanche, développer les grandes surfaces afin qu’elles se fassent concurrence et pour casser les prix. Tout ça pour quoi ? Pour être capable de s’acheter un écran plat à moindre coût ?
C’est une spirale qui pousse l’emploi vers le bas : plus d’emplois de vendeurs peu payés, moins de petits commerçants, gérant de leur propre boutique.
Economies
Aux Pays-Bas, les consommateurs sont très attachés aux magasins de proximité. Ils se déplacent entre le boucher, le marchand de fruits et légumes, le petit épicier. De cette façon ils achètent moins, et plus souvent.
De véritables commerces de proximité, sur le chemin de retour du boulot, suppriment le besoin de prendre la voiture pour aller à l’hypermarché, cette illusion qui nous fait penser que même si l’on doit faire la queue pour se garer, pour payer à la caisse, on gagne du temps.
Quelques ressources complémentaires
Association de promotion des centres-villes . Cliquer sur le lien « se déplacer autrement » pour voir la vidéo sur « gérer le centre ville, l’exemple de Chambéry »
First written in : novembre 2008 (modified: novembre 2008)
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