Les indicateurs alternatifs


Le PIB est traditionnellement utilisé comme indicateur pour mesurer la richesse d’une nation.

L’équation la plus simple qui représente le PIB est la suivante :

PIB = consommation + investissement + exportation - investissement.

Conformément à cette équation, la marée noire dans la baie du Prince William causée par le naufrage de l’Exxon Valdez a contribué à la hausse du PIB de l’Alaska en 1989. Le nettoyage des côtes, payé en partie par Exxon (2,5 milliards de dollars), a induit une augmentation sensible de l’activité notamment commerciale. Pourtant le déversement de 50 millions de tonnes de pétrole sur des côtes sauvages est loin de correspondre à un exemple de réussite économique...

D’autres désastres écologiques contribuent à la hausse du PIB : le commerce du bois qui conduit à la déforestation et tous ses effets secondaires : perte de biodiversité, érosion, pollution des aquifères, l’élevage de crevettes d’Asie du Sud Est qui a détruit des hectares de mangroves, conduisant à la salinisation des zones côtières, inutilisables pour l’agriculture.

Nombre sont ceux qui dénonce donc le productivisme et le consumérisme incarné par le PIB, loin d’être représentatif du réel bien-être humain.

Fordham Institute

L’indice du Fordham Institute par exemple est assez frappant dans sa représentation du clivage net entre santé sociale et PIB. L’indice a utilisés les indicateurs suivants, représentatifs des dysfonctionnements de nos sociétés occidentales :

Enfants Jeunes Adultes Âgé(e)s Tous les âges
Mortalité infantile Suicide des jeunes Chômage Pauvreté des plus de 65 ans Délits violents
Maltraitance des enfants Usage des drogues Salaire hebdomadaire moyen Espérance de vie à 65 ans Accidents de la route mortels liés à l’alcool
Pauvreté infantile Abandons des études universitaires Couverture par l’assurance maladie Espérance de vie à 65 ans Accès à un logement à un prix abordable
Mères adolescents Inégalités de revenu

Depuis le début des années 90 (le concept de soutenabilité du rapport Brundtland date de 1987), des chercheurs ont donc tenté de définir des indicateurs qui puissent suivre et rentre compte du progrès véritable d’un pays (social, environnemental et économique) plutôt que de sa croissance économique uniquement.

Indicateur de Développement Humain

On peut penser d’abord à l’indicateur de développement humain des Nations Unies. En plus du PIB cet indicateur intègre l’espérance de vie à la naissance et le niveau d’instruction. Le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) publie d’autres indicateurs synthétiques tels que l’IPF (Indicateur de Participation des Femmes à la vie économique et politique) et l’IPH (l’indicateur de pauvreté Humaine).

Indicateur de Progrès Véritable ou de "bien-être économique soutenable"

Il y a aussi l’Indicateur de Progrès Véritable sur lequel travaille un Institut américain appelé Redefining Progress, ou, similaire, l’indicateur de "bien-être économique soutenable" (ISEW) de l’organisation Amis de la Terre. Ces indicateurs sont un peu plus complexes que celui des nations Unies ; ils ajoutent, à la mesure traditionnelle de consommation des ménages, d’autres valeurs telles que le travail domestique, les soins aux enfants et aux personnes dépendantes, le bénévolat, le temps libre passé en famille ou dans la collectivité ; autant d’activités qui représentent des richesses dans une société sans pour autant que des échanges d’argent aient lieu. Ils soustraient ensuite la valeur estimée des richesses perdues, environnementales (destruction de la couche d’ozone, pollution de l’air, changement climatique, diminution des ressources naturelles non renouvelables) et sociales (coût du chômage, des délits, des accidents de la route, inégalités).

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Indice de Soutenabilité Environnementale

Cet indice, ESI (Environmental Sustainability Index), à l’initiative des universités de Yale et de Columbia, et repris par le World Economic Forum, est censé mesurer la progression vers la soutenabilité environnementale. Des variables sont utilisées pour mesurer 20 indicateurs appartenant à 5 groupes :

groupement indicateurs
systèmes environnementaux Qualité de l’air
Quantité d’eau
Qualité de l’eau
Biodiversité
Terre et sols
réductions des pressions environnementales Pollution de l’air
pollution de l’eau
pressions sur les écosystèmes
Déchets
Population
Réduction de la vulnérabilité humaine Subsistance de base
Santé environnementale
Capacité sociale et environnementale Science et technologie
capacité de débats
Gouvernance environnementale
’Réponse du secteur privé
Eco efficience
Gouvernance globale Participation à des initiatives environnementales
Émissions de gaz à effet de serre
Pollutions et pressions transfrontières

Sur la base de cet index, la France était classée 36e.

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First written in : avril 2006 (modified: août 2009)

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