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Mise en ligne le : 2 mai 2008

Le lancement du prix "Cité Verte Européenne" (European Green Capital) aura lieu le 22 mai au Comité des Régions à Bruxelles.
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Mise en ligne le : 25 avril 2008

L’urbanisme durable n’est-il pas celui du recyclage ? Celui de la ville qui se reconstruit sur elle-même, qui recycle ses bâtiments, ses savoirs, sa mémoire, qui change d’identité...
Recyclopolis, 4e Rencontres du Cadre de Ville | 26 - 28 oct. 2007 | Vaulx-en-Velin La Soie
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Hiérarchie d’importance des critères dans la construction soutenable


Est-il possible de classer les choix de design écologique par ordre d’importance ? Est-il plus important de conserver l’eau ou l’énergie ? De construire avec des matériaux biodégradables ou de super-isoler ? Est ce même éthique ? Ne se doit-on pas de TOUT faire ? Lorsque l’argent est un facteur limitant ces questions deviennent d’autant plus importantes, que ce sont des questions qui se doivent d’être résolues dès le moment de la conception.

La méthode de préférence environnementale (EPM), mise au point en 1991 par l’entreprise hollandaise Woon/Energy, compare et classe les matériaux et produits courants en fonction de leurs impacts environnementaux. Cet impact est considéré tout au long du cycle de vie du matériau ; depuis la phase d’extraction, à la phase de production, de construction, d’occupation (des locaux), et enfin la phase de décomposition du matériau.

La procédure d’évaluation suit 4 phases :
- la première est d’établir la liste des matériaux ou produits qui seront utilisés pour une utilisation particulière
- la seconde est l’inventaire, où chaque alternative est évaluée selon son impact environnemental, sur la base des données disponibles
- la troisième est la classification, où les effets environnementaux de chaque matériau sont classés (plus, zéro, ou moins), sur la base des cinq problèmes environnementaux majeurs : ressources, énergie, émissions, destruction, déchets. Les trois critères suivants sont aussi pris en considération : re-utilisation, réparation et durée de vie.
- la quatrième phase est l’évaluation, où la préférence environnementale est donnée.

L’impact environnemental en lui-même est un concept relatif et complexe. Pour aider à cette sélection de matériaux "écologiques" en adoptant la démarche décrite plus haut, des outils logiciels ont été conçus. Des poids (sur la base de calculs scientifiques) sont donnés à chaque impact environnemental :

Impact sur : EPA Science advisory Board Harvard University Study-based Green Guide to Specification
Réchauffement de la planète 16 11 38
Acidification 5 9 5.1
Eutrophisation 5 9 4.3
Raréfaction des combustibles fossiles 5 7 12
Qualité de l’air intérieur 11 7 7
Altération des habitats naturels 16 6
Utilisation de l’eau 3 9 5.4
Pollution atmosphérique 6 10 3.8
Toxicité écologique 11 6 4.3
Diminution de la couche d’ozone. 5 11 8.2
Santé humaine 11 6
Toxicité humaine de l’eau 2.6
Extraction de matières premières minières 3.5
Gestion des déchets 6.1

Dans les trois cas, le réchauffement climatique est considéré comme le problème environnemental actuel le plus important.

Priorité aux matériaux écologiques ou à la conservation de l’énergie ?

La réponse à cette question est étroitement liée à la question de l’énergie intrinsèque et de l’empreinte écologique.

Un étude de comparaison d’habitat réalisée par des chercheurs norvégiens ( [1]) a montré qu’une maison qui utilise des produits à forte énergie intrinsèque, -à partir du moment où ces produits servent à diminuer fortement l’utilisation de l’énergie tout au long de la vie du bâtiment-, sera plus économe globalement, qu’une maison qui mise en priorité sur des produits à faible énergie intrinsèque. Ces résultats sont cependant en contradiction avec une autre étude ( [2]) qui montrait que l’énergie intrinsèque des matériaux, notamment de l’isolation non naturelle, pouvait dépasser, dans le bilan énergétique, l’énergie utilisée pour le chauffage. Il y a donc une limite au delà de laquelle l’avantage de l’isolation est négligeable.

Autre exemple :

Énergie dépensée pour chauffer une maison construite de façon conventionnelle à Vancouver, au Canada, pour une année 25,5 millions kcal
Énergie dépensée pour fabriquer et transporter les matériaux nécessaires à la construction de cette maison (énergie intrinsèque) 238,9 millions kcal

Total : 254,3 millions kcal, pour un an

Énergie dépensée pour chauffer une maison avec un bon rendement énergétique à Vancouver pendant un an 14,3 millions kcal
Énergie dépensée pour fabriquer et transporter les matériaux nécessaires à la construction de cette maison (énergie intrinsèque) 256,8 millions kcal

Total : 271,1 millions kcal pour un an

Sur 30 ans, le calcul devient :

Énergie totale dépensée pour construire et chauffer une maison conventionnelle à Vancouver après 30 années d’occupation [948+(30x101)] 1002,4 millions de kcal
Énergie totale dépensée pour construire et chauffer une maison avec un bon rendement énergétique à Vancouver après 30 années d’occupation [1019+(30x57)] 687,7 millions kcal

Durabilité

La durabilité d’un matériau est un critère souvent oublié dans le calcul de son empreinte écologique. Lorsque cette durabilité est considérablement plus grande pour un matériau en particulier, elle dépasse l’effet de l’énergie utilisée pour le transport. Importer un matériau naturel (ardoise espagnole par exemple), peut être préférable à l’achat qu’un produit local artificiel beaucoup moins durable. En d’autres termes, l’énergie intrinsèque d’un bâtiment peut être divisée par sa durée de vie.


[1] B. N. Winther and A. G. Hestnes (September 1999) Solar Versus Green : The Analysis of a Norwegian Row House, Solar Energy, Volume 66, Issue 6, Pages 387-393

[2] C. Thormak (2001) A Low Energy Building in a Life Cycle- Its embodied energy, energy need for operation and recycling potential, Building And Environment, 37, p 429-435


Article de : mars 2006 (modifié: décembre 2007)

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