En finir avec les ghettos


Le "renouvellement urbain" est une appellation utilisée par les ministères successifs de la ville pour désigner les politiques volontaristes urbaines au service du social ; en d’autres termes, la volonté de l’état depuis le début des années 80, qui marque le début des grandes émeutes des ’banlieues chaudes’, a été de combiner la réinsertion sociale avec la réinsertion dans la ville, l’important étant de faire disparaître les ghettos urbains, "là où la police ne va même plus". Les actions se focalisent donc sur l’amélioration de l’habitat, la restructuration des immeubles, l’augmentation des offres de services publics tels que les transports, mais aussi la promotion active de la mixité sociale, etc ...

C’est en 1999 que le terme apparaît ; le Comité Interministériel de la Ville (CIV) met en place des Grands Projets de Ville (GPV) et des Opérations de Renouvellement Urbain (ORU). Suite à la Loi SRU (Solidarité Renouvellement Urbain) notamment, il y aura les contrats de ville 2000-2006 qui doivent intégrer d’autres dimensions à l’urbanisme : emploi, éducation, santé.

Et concrètement c’est quoi ?

Le renouvellement urbain se décline principalement autour de deux grands thèmes :

- l’amélioration de l’existant : réhabilitation de l’habitat, démolition, reconstruction, réaménagement de l’espace extérieur, et de l’intérieur des immeubles, amélioration de l’offre de service public notamment les transports

  • amélioration de la visibilité et de l’éclairage
  • transformation de salle en école de danse et de musique, café club, antenne jeune, espace emploi
  • achat des volumes vides par la ville et rénovation en boutiques
  • ouverture d’axes (piétons, cyclistes, voitures) directs vers le centre ville

- la création de pôles d’attraction du monde extérieur dans ces quartiers ghettos

  • centres commerciaux, culturels ou sportifs de grande envergure
  • création du marché exotique et épices (Val fourré, Mantes la Jolie)
  • transformation d’une vieille piscine en musée des Beaux-Arts (centre ville de Roubaix)
  • l’idée de mixité sociale, qui consiste à attirer une autre population que celle qui occupe les logements sociaux ; ces logements en question sont les ’accessions à la propriété’


First written in : août 2005 (modified: septembre 2006)

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1 Message

  • En finir avec les ghettos

    22 mai 2007 23:32, par cécile

    Je vais peut-être dire une énorme bêtise car je n’y connais vraiment rien mais dans toutes ces mesures, il n’y a rien sur la distinction fondamentale entre banlieue et centre ville, l’activité salariée. La plupart des salariés travaille en centre ville et le ghetto est une zone "passive", sans travail... alors quel intérêt de repeindre, reconstruire, faire des salles de danse, transformer une piscine en musée (même si la piscine de Roubaix est magnifique)... puisque la vie vient avec l’activité (salariale, aujourd’hui majoritairement "commerciale) ?

    Ensuite, l’expression est drôle, on veut revaloriser les ghettos avec "la création de pôles d’attraction du monde extérieur dans ces quartiers ghettos"

    "Du monde extérieur" scelle déjà la séparation qu’on voudrait qui cicatrise :p Ensuite, cela se passe presque donc comme si c’était le monde extérieur qui avait besoin des banlieues, de vérifier que les banlieues sont belles et que les banlieusards sont gentils. Mais ces ghettos ne sont-ils pas plutôt sans monde intérieur ? Privilège du centre ville ? du "coeur", de l"hyper-centre" ?

    Voir en ligne : remarques

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